Ces talents d’origine maghrébine derrière les grandes maisons de mode

Aussi sophistiquée et moderne soit-elle, la mode n’a, visiblement, jamais été très loin de chez nous ! La preuve : Les plus grandes maisons de luxe ont toutes, un jour ou l’autre, fait appel à des talents d’ailleurs. Et évidemment, un tel succès ne peut qu’être l’œuvre de l’union de plusieurs dons, efforts…et cultures ! Zoom sur les portraits des créateurs d’origine Maghrébine qui ont bien mérité leur place dans la cour des Grands.

Leïla Menchari : La fée du Faubourg Saint-Honoré

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Originaire de la Tunisie, et plus précisément de la ville d’Hammamet, Leïla Menchari est l’un des talents nationaux qui ont bien marqué le monde luxueux de la mode.

Diplômée des Beaux-Arts de Tunis, elle a été, chez Hermès, l’assistante et la première dessinatrice, avant d’être, en 1978, à la tête de la décoration et du Comité de la coloration de la soie. Durant des années, elle a mis ses rêves et son savoir-faire au service de la maison de luxe, en réalisant des décors de vitrines fantasmagoriques où se croisent l’Orient et l’Occident.

A travers plus de 150 décors, dans un espace de 12 m2, Leïla Menchari a réussi à nous transmettre son goût du voyage et sa passion pour les étoffes et les accessoires. Mêlant les créations de la célèbre marque aux couleurs vives des tissages et broderies de notre pays, dans des univers de luxe et de matières brutes, elle a été à l’origine du rayonnement d’un artisanat tunisien plus raffiné et plus authentique que jamais.

Alber Elbaz : Le «Woody Allen de la couture»

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Connu pour être un styliste israélo-américain, Alber Elbaz, qui a conquis le monde de la mode depuis des années, est d’origine marocaine. Quittant récemment le poste de directeur artistique de Lanvin, il est passé, auparavant, par d’autres prestigieuses griffes telles que Yves Saint Laurent ou Guy Laroche.

Son seul objectif : Rendre les femmes heureuses !
Son approche : Des créations fluides, élégantes et s’adressant à toutes les morphologies.
Inventif, il a toujours veillé à libérer le corps de la femme en pensant, avant tout, à son bien être.

Chez YSL, il a réussi, grâce à son talent de caméléon, à attirer la jeunesse branchée parisienne. Avec Lanvin, il a fait rimer sobriété et glamour, ce qui lui a valu les distinctions les plus prestigieuses et un chiffre d’affaires multiplié par quatre. Bien qu’il soit formé à New York, Elbaz est né à Casablanca. C’est ce qui explique la Morrocan Touch qui prend parfois le dessus dans ses créations.

Hedi Slimane : Le « Slim Man »

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De père Tunisien et de mère Italienne, Hedi Slimane, est l’un des talents tunisiens les plus influents dans le monde de la mode. Passionné d’art, de photographie et de musique en particulier, il a commencé à dévoiler son don en créant ses propres vêtements dès l’âge de 16 ans.

Débutant sa carrière en tant que directeur artistique des collections Homme de Yves Saint Laurent jusqu’en 2000, il a, ensuite, dirigé au sein de la maison Dior. Véritable génie de la mode, il a repris les rênes de YSL en 2012. Les ventes sont boostées, l’image de la marque est recréée et voilà que la mode skinny est lancée. Une silhouette androgyne, des costumes étroits, des vestes raccourcies et des pantalons Slim… C’est l’œuvre de ce créateur aussi admiré que redouté.

Avec Yves Saint Laurent, il a été, 5 fois d’affilée, en tête des créateurs de mode masculine du journal du textile, tout en creusant l’écart avec ses concurrents de chez Balmain et Valentino.

Bouchra Jarrar : L’espoir de Lanvin

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Ce 14 mars 2016, la maison Lanvin a annoncé avoir, enfin, trouvé qui sera à la tête de ses collections femme.

Après un départ brusque d’Alber Elbaz, et un vide ayant duré cinq mois, c’est, Bouchra Jarrar, la talentueuse créatrice d’origine marocaine qui le succédera. A la tête de sa propre maison de couture depuis 2010, la créatrice a longtemps collaboré avec de grands noms tels que Jean Paul Gaultier, Balenciaga ou encore Lacroix.

A, seulement, 45 ans, elle a derrière elle plus de deux décennies d’expérience. C’est ce qui mène Lanvin à espérer un souffle de fraicheur lors de la première collection qui sera dévoilée en octobre, pour la FW printemps-été 2017. La plus ancienne maison de couture a choisi de faire confiance à « son talent, sa rigueur et sa maîtrise des coupes et des matières ».

On s’attend, donc, à retrouver, bientôt, les lignes graciles délicatement maitrisées, et l’harmonie contrastant l’ivoire et le noir qui ont, toujours, fait la signature du style de Bouchra.

Yacine Aouadi : La haute couture Autrement

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 Peut-être encore méconnu du grand public, Yacine Aouadi, est un jeune talent né d’une famille algérienne qui s’est imposé dans le monde prestigieux des défilés de haute couture.

Grandissant dans les quartiers nord de Marseille, il a étudié le stylisme au Studio Berçot pour être, par la suite, recruté chez Balmain, où il a fait ses armes aux côtés de Christophe Decarnin et Olivier Rousteing. A l’âge de 35 ans, il a lancé, en 2015, sa toute première collection prônant une haute couture décomplexée et témoignant d’un savoir-faire artisanal exceptionnel.

Les tatouages en trompe-l’oeil de ses créations avaient bien marqué et séduit, même, Cate Blanchett qui avait porté une robe aux manches recouvertes de broderies pour la première du film « Carol » à New York. Loin des shows spectaculaires, Aouadi préfère présenter ses créations sur des mannequins en bois, dans une salle du Petit Palais.

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Pas de grands volumes ni de longues traînes…la haute couture à la Aouadi offre le choix entre pantalons, robes et manteaux, avec des silhouettes traditionnelles et des transparences délicates.