Règles Affair : Alors, toi aussi t’as du ketchup dans le slip ?

Bien que les femmes aient toujours eu leurs règles, on ne cesse d’en parler presque en chuchotant (si on en parle) voire de ne pas en parler du tout. Aux Etats-Unis, on a fini, après moult tentatives et essais maladroits, de remplacer le bleu de méthylène, vous savez, c’est ce liquide un peu plus mignon que le sang, dans l’esprit des fabricants –foutaises doublées de conneries phalloïdes mais passons- par un liquide rouge. Ce « pas de géant » a été cristallisé par une pub. On y découvre, par exemple, un homme qui achète des serviettes hygiéniques à sa chérie ou encore, une fille qui demande, l’air de rien, à une copine « Tu peux me prêter une serviette ? ». Ok, tout cela est bien beau, on se croirait presque chez les Bisounours mais…

Oui mais non !

Cette pub devrait être ce qu’il y a de plus banal. En effet : les femmes ont toujours eu leurs règles, ce n’est pas un secret –ou si c’en était un, alors il serait un secret de polichinelle- mais le hic, c’est qu’on a tellement diabolisé « les règles », presque malgré nous, que c’en est devenu synonyme de gêne voire de honte. Alors oui, cette pub est peut-être intéressante vu les circonstances actuelles mais elle reflète, par la même, l’étendue de notre ignorance. C’est pour cette raison qu’à la rédac, on a pensé que la première chose à faire serait d’appeler un chat un chat. Donc, plus de ketchup, de like, ou de ragnagnas, mais avoir ses règles et bien, c’est avoir ses règles et non, ce n’est pas joyeux. Les règles ne ressemblent ni à des confettis, ni à de jolies licornes « glitter ». C’est du sang et c’est un fait. Une nana bouffe, se cure le nez, pisse et a ses règles voilà.

Dans une récente interview, l’ancienne hardeuse Ovidie, devenue aujourd’hui journaliste et féministe « pro-sexe » a tiré la sonnette d’alarme quant aux articles publiés dans la quasi-totalité des magazines féminins. Elle a dit en substance que les magazines confondaient entre plaisir et performance. On voit –ceci n’est pas un mea culpa parce qu’on est tous concerné- que le sexe est traité en tant que performance devenant ainsi du pur business. Bien sûr, c’est l’homme qui est mis en avant. Très peu d’articles parlent de règles ou de « comment faire l’amour quand on a ses règles » mais les articles sur les gâteries au lit –faites par Madame afin de satisfaire la libido de Monsieur- pullulent sur le net. Triste constat à l’aube de 2018.

Sinon, pour finir en beauté et résumer toute cette histoire, voici un podcast bourré d’humour et de conseils afin de démythifier, une bonne fois pour toutes, cette histoire de règles !