«Violence(s)», dernière création du Théâtre National de Tunisie  

La rédac. a assisté à la «Première» de la pièce «Violence(s)», dernière création du Théâtre National de Tunis, offerte au grand public tunisien, les 6, 7 et 8 novembre 2015 à la salle du 4ème Art,  peu après sa Première Mondiale au « Piccolo Teatro Studio Melato » de Milan, les 4 et 5 septembre 2015.

 

La pièce écrite par la dramaturge Jalila Baccar et mise en scène par son partenaire, Fadhel Jaïbi, réalisateur et Directeur du Théâtre National de Tunis, a pour thème central la violence. La violence existait depuis longtemps en Tunisie, bien avant la révolution, sous forme de petits et grands délits, voire de crimes. On en parlait beaucoup moins qu’aujourd’hui car le système dictatorial policier assurait une sécurité  dure et ferme et s’attelait à un travail préventif et répressif strict.    Depuis le 14 janvier 2011, les actes de violence ont changés d’horizon et de nature pour s’infiltrer davantage au sein des familles ; infanticides, parricides, et meurtres entre époux sont de plus en plus répandus.

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C’est à partir de ce douloureux constat, dont l’humain est tantôt victime et responsable que Jalila Baccar et Fadhel Jaïbi se sont interrogés sur le «Mystère du passage à l’acte»! Fadhel Jaïbi, par la création de scènes fictives de violence, inspirées de faits réels vécus au sein de la société tunisienne, de manière exponentielle, depuis la révolution, interroge «l’homme tunisien» sur ses contradictions profondes et ses responsabilités individuelles.

La pièce au décor très rudimentaire, sombre, triste et poussiéreux transporte aussitôt le spectateur dans une atmosphère morose où se déroulent plusieurs tableaux de faits criminels témoignant des divers caractères de la violence et de sa genèse. Les scènes brutes et violentes sont brillamment interprétées par Jalila Baccar, Fatma Ben Saidane, Noomen Hamda et Lobna M’lika, de pair avec une très belle palette de jeunes acteurs prometteurs, issus de la première promotion de l’Ecole de l’Acteur : Aymen Mejri, Nesrine Mouelhi, Ahmed Taha Hamrouni et Mouin Moumni.

La musique originale, aux sons et tempos variables ponctue l’intensité et la brutalité des scènes ; elle est exécutée en live par son créateur, Kais Rostom.

 

Pour information, l’Ecole de l’Acteur du Théâtre National, est née en 2014  avec  le dessein de former les jeunes étudiants aux diverses composantes de l’art théâtral, au travers de cours théoriques et pratiques donnés par des professionnels et universitaires tunisiens renommés comme : Jalila Baccar, Raja Ben Ammar, Kaïs Rostom, Imen Smaoui, Alia Sallemi, Salwa Ben Salah, Cyrine Douss, Rachida Triki, Ikbal Zalila, sous la direction de Fadhel Jaïbi.

Des intervenants étrangers viennent aussi transmettent leurs expériences et savoir-faire aux étudiants durant certaines périodes de l’année.

 

Venez  apprécier le talent de ces grands acteurs tunisiens par les  jeux de rôles exécutés en parfaite complicité avec leurs jeunes acolytes, lesquels donnent le meilleur d’eux-mêmes, emplis d’une belle et forte énergie.

Trois autres représentations vous permettront d’assister à une performance théâtrale de qualité et de cru 100 % tunisien : soit les vendredi 13 et samedi 14 novembre à 19h30 ou  le dimanche 15 novembre à 17h30, toujours au Théâtre du 4ème Art, 7, avenue de Paris à Tunis, tél.  71-351-783.

 

Pensez à réserver vos billets pour cet excellent spectacle !